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Défi d’écriture #7 – Les mouches

Ceci est le dernier défi d’écriture. Merci de votre participation !

Cette semaine, je me suis plongé dans le livre Les Contemplations (1856) de Victor Hugo. Et j’aime beaucoup donner des exercices de contemplations à mes étudiants et mes participants. J’ai donc pensé faire ce défi d’écriture pour toi aujourd’hui. L’observation contemplative est une forme de méditation ; autant au sens de réfléchir que de technique de pleine conscience, sans compter que cette aptitude est nécessaire à l’auteur.

Ah ! Les mouches… c’est dérangeant et c’est laid ! Elles sont insupportables! Pourtant, pour certains peuples d’Afrique du Sud elles sont la représentation de la solidarité, tandis que pour les Grecs de l’antiquité, elle est considérée comme sacrée. Elles font penser au tourbillon incessant de la vie et symbolisent également une incessante poursuite.

On peut romancé ou poétiser les banalités de la vie quotidenne. On peut utiliser des mots crus, directes, des mots durs ou doux. Les mots peuvent décrire de manière fidèle ce que l’on voit, mais ils peuvent également écrire ce que l’on ne voit pas.

Par exemple, le poème de Charles Bukowski « deux mouches » (1976) utilise des mots dénudés d’artifices, peu abscons, très simples, réalistes, efficaces. Lis l’extrait :

On reconnaît une scène de vie anodine de Bukowski où deux mouches perturbent sa lecture alors qu’il est étendu dans son lit comme ça nous est tous déjà arrivé, ou bien entendre un bizz trop proche de nos oreilles alors que l’on essaye de dormir. Ma seconde lecture de ce poème, où il use d’anthropomorphisme, m’a rappelé les pensées négatives qui survolent au-dessus de nos têtes, qui nous harcèlent pour qu’on leur donne de l’attention… L’anthropomorphisme c’est donner des caractéristiques humaines à des animaux ou des objets ; des émotions, des réactions, des idées, des pensées, etc. Mon interprétation est peut-être erronnée, a-t-il caché un double sens sous ces mots ?

De son très long poème La fin de Satan (1886) Victor Hugo utilise l’image de la mouche pour représenter la folie ou les ténèbres qui approchent.

Ce point noir « comme on voit une mouche au plafond » peut faire penser à lorsqu’on croit avoir vu une silhouette du coin de l’oeil et que la paranoïa menace de nous attaquer. Sa prose est plus recherchée, il y a plus de métaphore, par exemple. Mais j’estime que c’est tout de même compréhensible.

Aujourd’hui, je te propose de t’imaginer une mouche (ou deux) qui tourne autour de toi ou qui t’observe ou peu importe. Cette mouche t’apporte une réflexion ou c’est elle qui réfléchit. Ou es-tu ? Ou est-elle ? Tente-t-elle d’enter en contact avec toi, de s’enfuir ou est-elle indifférente ? Quelle partie de son corps remarques-tu ? Ses ailes ? Ses yeux ? Écris-le sous forme de poème ou de petit texte. Tu peux même faire des haïkus (défi d’écriture #3).

Voilà, aujourd’hui tu as fait la connaissance d’une mouche imaginaire, tu as peut-être sympathisé avec elle ? Ou ça peut-être renforcé ton dégoùt envers elle ?

Laisse-moi savoir en m’envoyant ta création au courriel suivant : ecritournures@gmail.com

Sources :

Bukowksi, C. Journal, souvenirs et poèmes. Paris : Éditions Grasset, 2007, 1536 p.

Chevalier, J. & Gheerbrant, A. Le dictionnaire des symboles. Paris : Robert Laffont, 1982, 1110 p.

Hugo, V. Dieu – La fin de Satan. 1886, Londres : HarperCollins, 1911-1913, 479 p.

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Les Malheureux – Victor Hugo

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Défi d’écriture #6 – Les gens qu’on aime

Ce défi est basé sur le livre Poetic Medecine (1997) de John Fox.

La vulnérabilité

Tissé des liens avec d’autres êtres humains nécessite une dose de vulnérabilité, plus ou moins grande selon le degré d’intimité ; de proximité.

L’autrice et psychologue canadienne Marion Woodman a écrit que c’est au « sommet de la vulnérabilité que l’on capitule – c’est à cet instant que les dieux nous pénètrent. Les dieux s’introduisent par les plaies. » (trad. libre, Fortier. 2021) Mais peut-être que Leonard Cohen l’explique plus simplement : « There is a crack in everything / That’s how the light gets in. » Donc, il y a une fissure dans toute chose, c’est ainsi que la lumière entre.

Selon Fox, nous vivons dans une société qui omet de nous enseigner que l’intimité entre individus peut  inclure l’acceptation de nos vulnérabilités ; omet de la normaliser. C’est-à-dire que ce qui nous rend vulnérable peut nous paraître inacceptable lorsque nous sommes en relation, parce que cela signifie, en quelque sorte, que nous ne correspondons pas de manière satisfaisante à une image de standard et de perfection que nous nous créons. Nous nous efforçons donc de ne montrer que le meilleur de soi, même lorsqu’il s’agit d’une relation intime – cela ne peut durer très longtemps. L’intimité c’est partager toutes les facettes de nous-mêmes, l’ombre comme la lumière.

Bref, comme dans les relations, ÉCRIRE demande beaucoup de vulnérabilité.

L’Exemple de Joni Mitchell – Both side now

WMG, Sony & Joni Mitchell – Both Side Now

Mitchell chante l’inévitable chagrin d’une relation qui fouère lorsque nous présentons qu’une seule facette de notre être à l’être aimé jusqu’au point où elle ne peut plus se retenir, décide de vivre pleinement et d’assumer tout ce qu’elle est, ce qu’elle ressent en toute honnêteté : « Tears and fears and feeling proud / To say I love you right out loud ». Il s’agit d’une marche vacillante vers l’authenticité.

Tout comme le poème Crazy Jane Talks with the Bishop ( Yeat, 1961 ), Mitchell sait que la vie doit inclure le désordre et le sombre pour que l’amour profond puisse s’exprimer. Crazy Jane insiste sur le fait de vivre et non pas de se retirer pour mourir ; vieillir n’est pas une excuse.

Fox écrit que l’amour ne vient pas à nous parce que nous sommes parfaits et que nous avons pris de bonnes décisions, mais bien que l’amour vient à nous en pénètrant ces parties où nous nous sentons merdiques et brisés.

L’exercice – La fois où j’aurai voulu dire

La poésie nous permet d’exprimer doucement au partenaire (ou ami.e, enfant, famille, etc.) réceptif à notre vulnérabilité.

Étape numéro un – (et la seule) – Le souvenir

Pour commencer, tu vas réfléchir à un moment où tu aurais aimé dire quelque chose à ton (ou ta) partenaire (ou ami.e, enfant, famille, etc. 😉) qui t’a fait sentir petit.e, vulnérable ou insécure. Quelque chose qui aurait révélé ton besoin de te sentir aimé.e, où tu aurais eu besoin d’une étreinte, mais que tu as choisi le silence.

Ce souvenir de cette voix qui s’est tu, de ce coeur qui s’est refermé, va être la petite graine qui va faire germer ton poème. Il doit représenter cette partie de toi que tu as repoussée par honte ou parce que tu as diminué son importance.

Exemple

Extrait, Rachel Fortier, 2021

Donc, cet extrait parle d’accepter le silence et l’absence que l’autre nous impose volontairement ou non. C’est également trouver le juste milieu, la bonne distance avec cette personne sans l’étouffer, sans la bouder entièrement non plus.

Voilà ! Bon tête à tête avec ta vulnérabilité !

N’oublies pas, tu peux envoyer ta création au courriel suivant : ecritournures@gmail.com et recevoir une rétroaction !

Source :

Fox, J. Poetic Medicine. New York : Penguin Books, 1997, 303 p.

John Fox est un psychothérapeute certifié en poésie thérapeutique, une forme de thérapie expressive fondée sur l’utilisation de la poésie, des métaphores, d’analogies, de paroles de chanson et d’histoires afin de faciliter la croissance, la guérison et la connaissance de soi. Ce défi est basé sur un des exercices que l’on retrouve dans son très inspirant livre : Poetic Medicine ; The Healing Art of Poem-Making (1997).

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Défi d’écriture #5 – Le tarot

Cet atelier est basé sur le livre de Deena Metzger, Writing for Your Life (1992). Metzger est une enseignante et poétesse qui croit au pouvoir des mots, tout comme John Fox (défi #4).

Pour ce défi, tu as besoin d’un jeu de tarot de Marseille (ou autre). Si tu n’en possèdes pas, tu peux consulter Pinterest, afin de trouver des modèles. Favorise une carte qui te parle, qui reflète ta personnalité, tes couleurs ou laisse le hasard décider si tu as ton propre paquet.

Crédit photo : Amrit Brar, 2020

Peu importe nos croyances, cet exercice nous permet d’explorer une partie de soi, de notre créativité qui est moins encrée dans le rationnel et tout ce que l’on perçoit par les sens. Il s’agit également d’une manière efficace de trouver des idées lorsque nous vivons le syndrome de la page blanche (même si certains affirment que cela n’existe pas). Souvent, dévier ainsi de nos projets principaux nous aide à débloquer, et qui sait, trouver une nouvelle voie, un nouveau souffle. C’est du matériel. Et, la méthode proposée est un outil que tu peux utiliser à ta guise.

Mais, écrire en plongeant dans ces ressources internes et insoupçonnées qui nous animent est une qualité essentielle. Parce que, veux, veux pas, nous écrivons indirectement (ou pas) sur des sujets, des événements ou autre, que nous connaissons ; que nous utilisions de la fiction ou non. Ces choses se trouvent dans notre être, alors avoir la capacité d’accéder à ces émotions, à cette créativité, est une qualité qui peut se développer.

Bref, allons-y.

Étape 1 – Les questions

Les cartes tarots sont souvent bourrées de détails, donc une fois que tu as choisi ta carte prends le temps de l’observer. Puis, dresse une liste de questions que t’inspire celle-ci (voir exemple ci-bas). Ne te censure pas, laisse aller ta curiosité, vise tous les éléments. Fais-le de manière automatique pendant une quinzaine de minutes.

Étape 2 – L’écrit

Maintenant, tu prends une trentaine de minutes pour écrire un texte ; un poème, une chanson, un dialogue, une courte histoire, etc. qui réponds à ces questionnements; au moins 5. Tu peux le faire de manière implicite ou explicite. Voici des exemples :

Dans cet exemple, les réponses sont implicites.
Ici, elles sont explicites.

Voilà ! En espérant que ce fut aussi agréable pour toi que ce le fut pour moi ! N’oublie pas, tu peux envoyer tes créations au courriel suivant : ecritournures@gmail.com et recevoir une rétroaction!

Sources :

Metzger, Deena. Writing for your life. New York : Harper Collins, 1992, 260 p.

[Photo] The Marigold Tarot

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Défi d’écriture #4 – L’image spirituelle

Les poèmes nous parlent alors que rien d’autres ne le peut.

La poésie nous aide à ressentir nos vies plutôt qu’à être dans un état d’engourdissement.

-John Fox

( Libre traduction, Fortier, 2021 )

La poésie est une compagne qui peut nous aider à traverser les plus horribles et les plus sombres des tempêtes, comme elle peut immortaliser les plus beaux et les plus doux moments du quotidien. Elle peut verser dans la simplicité ou dans la complexité des métaphores. Fox écrit : « Le poème est une voix qui te donne la certitude que tu n’es pas seul » lorsque tu ressens « le besoin d’être entendu, reconnu. » (Fox, 1997, p. 5)

Spiritualité – Une définition pour ce défi

Pour ce défi, lorsque l’on parle de « spiritualité », on parle de relation que l’on a avec soi-même et/ou avec le mystère universel, peu importe le nom que vous lui donner. Fox explique que le caractère sacré se retrouve dans plusieurs comportements ; la pratique d’une forme quelconque de méditation, éprouver de la compassion pour le monde, vouloir vivre de manière simple et authentique, aider sa famille, soi-même et les autres à grandir, s’éveiller à l’environnement qui nous entoure, etc. Donc, la spiritualité est un concept très large et Fox est convaincu que la poésie peut aider à exprimer cela, en plus de favoriser la connexion avec soi. Bref, c’est parti!

L’image spirituelle – L’exemple de Mary Tallmountain

À Nulato en Alaska est née, en 1918, une petite fille prénommée Mary Tallmountain. À l’âge de six ans, des missionnaires l’arrachent à sa famille et à son clan, car une épidémie de tuberculose décime son peuple Athabascan. Forcée de renier ses racines, elle perd son sentiment d’appartenance. Elle ressentira cette perte de manière douloureuse. C’est pourquoi plusieurs de ses poèmes parlent de retrouver ses racines et de retourner chez soi ; « home ».

Tallmountain, trad. libre Fortier, 2021

Tallmountain n’a pas choisi le flocon de neige parce qu’il est éphémère ni même pour illustrer la froideur de l’Alaska, mais parce que chaque flocon est unique comme l’est chaque humain. De plus, lorsque ceux-ci sont joints, ils s’unissent… telle la famille, la communauté, l’humanité ; l’unicité. Le chemin que parcourt le flocon jusqu’au sol, jusqu’au sien illustre son désir de retourner chez elle, vers ses racines afin de ne faire qu’un avec elles. Il s’agit là d’une image simple et universelle.

***notez que la poétesse a utilisé le terme Mère Yukon car son village natal est près du fleuve Yukon et est situé dans la région de recensement de Yukon-Koyukuk.***

Étape un – L’image, l’illustration ou autres symboles

Tu dois maintenant trouver une image, un symbole, une illustration ou autre qui te touche particulièrement au niveau des inspirations qui t’habite, des besoins que tu ressens et de ce qui représente le sacré ainsi que ton identité. N’importe quelle image, tant qu’elle te parle. Seras-tu un flocon de neige comme Tallmountain ? Un Vaisseau d’or comme Nelligan ? Le cheval rouge de Prévert ? La corneille de Miron ? À toi de voir !

Je te suggère unsplash comme outil de recherche.

Étape deux – Choisir les mots, les métaphores

Maintenant, tu dois faire une liste de mot en association libre (voir exemple ci-bas). Tu crées ainsi ta banque de mots pour l’étape trois qui est le poème. Donc, ne te limite pas, écris tout ce qui te passe par la tête. Il arrive parfois que l’on ait l’impression que cela ne cadre pas avec l’image ou le sentiment que l’on veut exploiter, mais que le sens se dévoile lors de la rédaction finale. Enfin, laisse-toi cinq à dix minutes pour les trouver !

Étape trois – La composition d’un poème

Je vous propose de la prose libre ; pas de césure, nul besoin de le scander, de faire des rimes. Ce que je dis à mes participants, c’est de couper le vers là où ils trouvent logique de le faire, là où ils veulent mettre une emphase.

L’exemple

© Les Écritournures, Rachel Fortier, 2021

Voilà, tu as dorénavant une méthode qui t’aide à créer des métaphores et des analogies de manière simple, afin de t’aider à explorer le monde merveilleux qui t’habite! N’oublie pas, tu peux envoyer ta création au courriel suivant et recevoir une rétroaction : ecritournures@gmail.com !

Merci beaucoup ! Et amuse-toi !

Source :

Fox, J. Poetic Medicine. New York : Penguin Books, 1997, 303 p.

John Fox est un psychothérapeute certifié en poésie thérapeutique, une forme de thérapie expressive fondée sur l’utilisation de la poésie, des métaphores, d’analogies, de paroles de chanson et d’histoires afin de faciliter la croissance, la guérison et la connaissance de soi. Ce défi est basé sur un des exercices que l’on retrouve dans son très inspirant livre : Poetic Medicine ; The Healing Art of Poem-Making (1997).

NELLIGAN, É. Poésies complètes (1896-1899), Montréal : Fides, 1952, p. 44

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Défi d’écriture #3

Capturer le moment éphémère.

Parfois, il ne suffit que de quelques mots pour révéler l’éphémère, quelques syllabes pour le rendre éternel. Les Japonais le savaient très bien en pratiquant l’art du Haïku au XVIe siècle. Ces petits poèmes reflètent une idée, une image ou un sentiment croqué sur le vif, comme une photographie polaroid. La forme originale contient dix-sept syllabes sur trois vers de 5 / 7 / 5, le tout sans rime. De plus, les haïku de l’époque évoquent les saisons de manière implicite ou explicite (voir la diapo ci-bas pour consulter des exemples).

L’un des poètes les plus connus est Bashō Matsuo (1644-1694), père du « pèlerinage poétique » où il mélange prose et haïku tout au long de ses escapades. Clairement passionné des captures poétiques, Bashō parcourt les routes en observant et s’émerveillant des différents lieux qu’il visite. Pour le poète, la route qu’il parcourt est une allégorie de la vie ; plein d’obstacles, mais magnifique.

Aujourd’hui, le défi que je te propose c’est évidemment d’en composer quelques-uns en t’inspirant de ces photographies (voir diapo). Les deux premières, tu essaies de suivre les règles des premiers haïkus, ensuite tu peux expérimenter à la manière contemporaine !

La version contemporaine n’est pas nécessairement en lien avec la nature et bien qu’elle soit en général sur trois vers sans rime, elle ne respecte pas obligatoirement le 5 / 7 / 5.

Pour t’aider en cas de panne d’inspiration, tu peux observer les lignes, les jeux d’ombres et de lumières, les détails, les couleurs, les formes. Ensuite, poses-toi les questions suivantes :

Il est intéressant de constater la profondeur que certains haïkus peuvent refléter, les différentes couches de perceptions qu’ils recèlent, en si peu de mots. Cet exercice permet de prendre le temps de réfléchir aux mots que nous allons utiliser, où nous allons les placer, et même, comment nous allons les prononcer. Il s’agit d’un travail d’observation, mais également d’introspection.

Les haïkus se rapprochent grandement d’un devoir que je donne à mes étudiants, car pour que notre écriture soit authentique nous devons nous doter d’un sens de l’observation. Ces étudiants doivent donc noter en quelques phrases ce qu’ils observent autour d’eux à chaque jour.

Certaines créations de mes participants :

Bonne création !!

N’oublie pas, tu peux faire parvenir tes créations au courriel suivant : ecritournures@gmail.com afin de partager ceux-ci avec une communauté d’Écritournures ! Tu peux également recevoir une rétroaction!

Sources:

Cuddon, J. Dictionary of literary terms & literary theory. London : Penguin Books, 2013, p.323

Senk, P. L’effet Haïku. Montréal : Éditions Le jour, 2017, pp. 75-84

Fox, J. Poetic Medicine. New York : Penguin Books, 1997, p.10

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Défi d’écriture #2

Ah la liberté… un mot qui présentement prend tout son sens et qui interpelle la plupart de mes participants. Depuis le confinement, ou l’arrêt global, de mars 2020 on constate que ce que l’on croyait acquis ne l’était pas forcément. En somme, cette dernière année a parfois été vécue difficilement ; bouleversements de notre quotidien, craintes, incertitudes, tensions politiques, isolement involontaire, etc.

On pourrait s’entendre ou arguer bien longtemps sur la notion de liberté. Cependant l’objectif de cet atelier n’est pas le débat politique, mais le débat interne qui nous accapare lorsque l’on vit une situation comme celle qui domine présentement la planète ; Quoi croire ou ne pas croire ? Quoi faire ou ne pas faire ? Que dire ou ne pas dire ?

C’est pourquoi j’ai appelé cet atelier La cartographie de la liberté. Pour ramener ça à un niveau individuel, et percevoir la situation sous cet angle intime, je t’offre ces trois défis. Habituellement, ils sont offerts en présentiel (sur le blogue j’offre seulement le challenge principal). Tu es prêt ??? On débute!

Premièrement, question de s’échauffer un peu, on va créer une mappe mentale. Et, pour cela, tu as besoin de crayons de couleurs et d’une feuille non lignée. La mappe mentale permet un constat visuel de la situation immédiate. Elle la rend globale et concrète, donc malléable. C’est une bonne façon également d’organiser nos pensées, de faire le tri et de trouver des solutions à des problèmes. 

Étape de la cartographie (ou diagramme en bulles)

*si tu n’es pas à l’aise avec ces concepts (comme ça été mon cas pendant longtemps), tu peux également faire de bonnes vieilles colonnes, c’est tout aussi efficace !

1. Au centre de ta feuille, tu inscris le mot clé « Liberté ».

2. Ensuite, tu sépares ta feuille en deux sections en traçant une ligne au centre de celle-ci (verticale ou horizontale, à toi de décider).

3. Puis, donne-toi 20 minutes pour écrire d’un côté tout ce qui te vient à l’esprit concernant le manque de liberté ; les émotions, les mots, les actions, les raisons et les causes, les relations… des idées secondaires en quelque sorte. De l’autre côté, tu écris tous les aspects positifs de posséder la liberté; peu importe comment tu perçois cette notion. Il faut écrire tes idées de manières très concises… pas de phrases complètes, pas tout de suite!

Tu peux faire des traits, des bulles, des nuages, tels que représentés sur ces exemples :

Maintenant que ta mappe est faite, prends quelques minutes pour observer le résultat. L’exercice qui suit va te permettre de relativiser certaines choses, et non pas te culpabiliser.

L’étape de la responsabilité

Il n’est pas toujours aisé de trouver des solutions, lorsque l’on vit une nouvelle situation. Julia Cameron parle de « responsabilité », donc Qu’est-ce qui t’appartient ? Que peux-tu contrôler? Qu’est-ce que tu peux changer ?

La première étape consiste à faire une liste de cinq problèmes qui se retrouvent dans ta liste de négatifs, de les associer à un aspect de l’autre liste. Pour ce faire, demande-toi à quoi est-ce relié ? Quelle priorité cela représente ?

Ensuite, essaie de trouver une potentielle solution. En fait, les aspects négatifs sont souvent un besoin baffoué, par exemple, j’ai choisi « frustration », quel besoin n’est pas comblé? Celui de la liberté d’aller travailer/étudier dans un café (qui se retrouve dans ma liste d’aspects positifs). Donc, ma solution est : de me préparer un café le matin, d’aller sur le site internet de noisli, choisir une ambiance café/pluie/tonnerre.

Prends 10 à 15 minutes pour trouver des problèmes/solutions, autant que tu le peux.

Totalement libre

Le troisième défi est très facile! Prends le temps que tu veux pour écrire un texte avec la structure et la forme que tu souhaites ; un éloge à la liberté, un manifesto, un poème, une énumération, une liste de phrases, une histoire, une réflexion, etc.

Donc, voilà! Tu as cartographié la liberté, tu as observé le côté sombre du manque de liberté, et le côté lumineux de posséder la liberté. Tu as découvert (peut-être) une technique pour trouver des solutions concrètes lorsque tu traverses une période compliquée. J’espère que tu t’es amusé et que ce moment t’a permis de créer!

Tu peux faire parvenir ta création au courriel suivant : ecritournures@gmail.com !

Sources :

Diagramme en bulles : Jobin, Anne-Marie. Le journal créatif. Montréal, QC : Éditions du Roseau, 2002, p.75-149

Responsabilité : Cameron, Julia. La Veine d’Or. Montréal, QC : Éditions du Roseau, 1999, p. 353

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Quiz – Quel genre d’auteur es-tu?

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George Orwell – Pourquoi écrire?

Les 4 motivations des auteurs, selon George Orwell                         

©ullstein bild / Getty

L’auteur britannique George Orwell (1903-1950), le père de Big Brother, constate dans son essai Why I write (1946) qu’il existe quatre grandes raisons d’écrire. Tous les écrivains possèdent en eux ces quatre raisons, mais avec une intensité et une propension qui varient de l’un à l’autre. Elles fluctuent également dans le temps, selon différentes étapes de vie. Pour découvrir le motif le plus influent, il faut, sans conteste, jeter un œil au contexte et au milieu dans lesquels l’individu s’est développé.

  1. Par pur égoïsme.

Selon lui, ceux qui prétendent que cette motivation n’existe pas ont tort ou sont dans le déni. Est-ce par envie d’être immortel? Un peu. Orwell écrit que certains auteurs peuvent désirer laisser un legs du passé, d’un héritage ou d’une contribution au monde d’après. Un monde inconnu, dont il aimerait qu’on se souvienne de lui et de son empreinte immortalisée à l’encre de sa plume, son ouvrage intemporel voyageant dans toutes les langues répandant son souvenir… Bref, vous comprenez ?

Dans cette catégorie entre les personnes souhaitant être reconnues par leurs pairs ou la communauté pour leur intelligence ou leur spiritualité, ceux qui veulent qu’on parle d’eux ou bien ceux qui écrivent par vengeance des adultes qui les ont ignorés ou rabroués et ces enfants qui se sont moqués.

Cependant, Orwell souligne que les gens ne sont pas totalement égocentriques. En fait, il affirme qu’après l’âge de trente ans l’individu est davantage altruiste, réduisant ses ambitions personnelles pour se tourner vers celles collectives.

2. L’enthousiaste de la beauté, de l’esthétique.

La beauté est source d’inspiration pour de nombreux auteurs. Cette beauté des mots qui s’enchainent comme des perles sur un collier d’or. La prose et le rythme des écrits, telles des danses lascives ou endiablées. Des mots qui s’enlignent de manière militaire, linéaire entre des marges bien établies… Aaah, oui c’est beau.

3. L’impulsion historique.

Comme Zola, ces auteurs recherchent l’authenticité dans ce qu’ils écrivent. Ils aspirent à reproduire, raconter, expliquer, etc. la vie telle quelle est avec des faits véridiques. Cela permet à la postérité de connaître le contexte social réel d’une époque, des faits historiques tels que vécus par une classe sociale, par exemple.

4. L’objectif politique.

Changer le monde! Entrevoir ses possibilités futures et tenter de le faire diverger dans une direction différente. Critiquer la société, implanter une vision de celle-ci dans l’esprit des lecteurs, afin qu’ils s’évertuent à en construire une à cette image! Les idéaux sont les bienvenues, les révolutionnaires, les penseurs, tous.

Certes, le métier d’écrivain comporte son lot de défis et exige parfois une discipline de fer. Ces propos peuvent sembler rigides, mais ils ne le sont pas. Orwell avoue qu’il y a également un ingrédient secret au romancier ou celui qui s’attaque à l’écriture d’un livre ; le « démon » : « Tous les écrivains sont vaniteux, égoïstes et paresseux, et tout au fond de leurs motifs repose un mystère. Écrire un livre est une horrible, épuisante bataille, telle une longue période d’une maladie douloureuse. Personne n’entreprendrait une telle chose si elle n’était pas poussée par une force démonique à laquelle elle ne peut résister ni comprendre. » (Traduction libre, Fortier, 2021) Rend-t-il l’écriture élitiste? Non, mais le métier? Légèrement (à mon humble avis).

Tous les écrivains écrivent, mais ce ne sont pas tous les écrivains qui sont publiés. Est-ce que vous diriez que Emily Dickson n’était pas une écrivaine de son vivant puisqu’elle n’a jamais été publiée ? Ou bien, est-ce que Herman Melville n’était pas moins auteur quand son roman Moby Dick (1851) fut un flop ? Parfois le chemin est long et tortueux, même celui de Orwell.

Peu importe les raisons, qui nous poussent à écrire, écrivons! L’écriture n’est pas élitiste et possède de nombreux bienfaits. Comme Julia Cameron clame dans ses nombreux ouvrages, particulièrement dans son livre The Right to Write, nous pouvons tous écrire. Nous avons tous une voix qui peut-être s’est éteinte ou a sombré dans l’oubli ; réduite au silence. L’écriture permet d’ordonner sa pensée, de l’analyser, de la modifier, de la gérer. Elle nous ancre, car c’est une forme de méditation efficace. Elle permet, non pas de trouver sa voix, car chacun possède déjà sa propre voix mais bien de l’explorer, de la mettre à jour.

Certains des participants aux ateliers d’écriture Les Écritournures, presque tous, n’avait pas d’expérience particulière dans l’écriture créative, mais ils étaient tous habités par l’envie d’écrire. Certains ont trouvé une voix insoupçonnée, d’autres ont dû relever des défis bien différents de ceux que l’écriture propose ; la gêne, la honte, la vulnérabilité, l’autocensure, etc. Néanmoins, les ateliers sont un processus créatif qui permet de tisser des liens avec d’autres humains, même si en soi l’acte d’écrire est un acte solitaire.

Et vous, pourquoi écrivez-vous ? Quelle raison est prédominante pour vous ?

Lectures suggérées de Orwell : La ferme des animaux et 1984

Source :

CAMERON, Julia. The Right to Write. New York : Penguin Putnam Inc., 1998, 233 p.

ORWELL, George. Why I write. London : Penguin Books, 2005, 120 p.

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Défi d’écriture #1

Pour démarrer cette série de défis, vous avez besoin de papier, d’un crayon, d’une efface et de votre magnifique cerveau! J’ai intitulé cet exercice Les incomplètes, car vous devez compléter les phrases suivantes :

  1. Benjamin avait lu quelque part (…)
  2. J’en aurais long à dire à (…)
  3. La violence dont il a fait preuve (…)
  4. L’espoir est plus fort que (…)
  5. Elle a disparu sans savoir que (…)
  6. Je me suis agenouillée au bord de l’étang (…)
  7. Les garçons se rapprochèrent autour (…)

Vous pouvez choisir le nombre de phrases que vous voulez, mais pour chacune, accordez-vous environ 15 à 20 minutes d’écriture spontanée. Vous pouvez composer plusieurs petits textes ou bien écrire une histoire usant, au fil de sa progression, les différents énoncés. Vous débutez votre composition avec la phrase choisie. Cependant, si vous choisissez d’écrire une histoire, les autres peuvent être insérées dans le texte selon l’inspiration. Laissez les débuts de phrases tels qu’ils sont, car cela vous permet de vous glisser dans la peau d’un personnage ou de plusieurs (point de vue) et ouvre votre esprit à de nouvelles perspectives d’écriture.

La spontanéité est primordiale ; pas d’autocensure, pas de rationalisation, laissez votre imagination, vos émotions, vos pensées, dirigez votre plume. Ne cherchez pas les mots dans le dictionnaire, n’ouvrez pas le Bescherelle. Le poète américain Charles Bukowski a écrit : « Et quand j’écris c’est pour l’amour du mot, la couleur, comme jeter de la peinture sur une toile. […] Et je n’ai pas envie de penser à l’orthographe…» Vous aurez toujours le temps de revenir sur la correction de vos écrits si vous préférez. Surtout, ne vous jugez pas : « Une création n’est qu’une création. » (Bukowski), c’est-à-dire que si vous écrivez sur le suicide, cela ne veut pas dire que vous y songez réellement, que vous êtes désespéré, même chose si vous écrivez sur un acte criminel, cela ne fait pas de vous un criminel ou que vous encouragez ce genre d’acte : « Le droit de la création est le droit d’écrire ce qui existe. » (Bukowski)

Si vous désirez reproduire cet exercice les possibilités sont infinies car vous n’avez qu’à saisir un livre, l’ouvrir au hasard et choisir une phrase parmi celles qui s’offrent à vous. Par exemple, pour ce défi, les phrases sont inspirées de ces sept livres : Hier, j’ai pleuré de Iyanla Vanzant, De synthèse de Karoline Georges, Mémoires d’une enfant manquée de Brigitte Pilote, La géographie du bonheur de Véronique Marcotte, Ru de Kim Thuy, ainsi que Le cercle des poètes disparus de N.H. Kleinbaum.

De plus, il est possible de reprendre ces bouts de phrases dans quelques mois, afin d’effectuer le même exercice. Ainsi, on constate à quel point l’imagination est malléable et diverse. Lorsque nous sommes en groupe, c’est encore plus évident, mais étonnamment, il arrive que les thématiques choisies par les participants soient similaires ou se rejoignent. Par exemple, dans notre cercle d’écriture les thématiques de la survie, du deuil et de la liberté, ont été utilisé dans tous les textes. Pourtant, les phrases étaient inconnues des participants, elles ont été choisies au hasard (chacun des participants donnant un numéro de 1 à 7) et elles étaient données après chaque étape. C’est en partageant nos compositions avec les autres membres que nous nous sommes aperçus de ce qui unissait ceux-ci.

Bref, surtout, amusez-vous! Et vous pouvez faire parvenir aux Écritournures vos créations par courriel à ecritournures@gmail.com

Source : Bukowski, Charles. On Writing.  New York : Linda Lee Bukowski, 2015, pp. 21-135